• Luca Brambilla

Le pari

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Une fois j’allai pour le dîner dans un restaurant très beau à l’intérieur d’un hôtel extr-luxe de Milan. Avec moi il y avait un entrepreneur que j’avais aidé pendant une négociation à conclure une affaire de manière très avantageuse. Entre moi et l’entrepreneur il s’était instauré un rapport au délà des affaires. Donc je n’étais pas surpris quand il m’invitait à dîner pour bavarder.


J’avais eu l’intuition à partir de son ton de voix qu’il voulait me faire une offre qui ne concernait pas les affaires: au téléphone, son ton légèrement aigu avait trahi son appréhension, mais probablement il n’y avait pas d’urgence. J’allai au rendez-vous de manière très tranquille, en admirant l’histoire de cet homme qui, tout seul, avait créé une grande société avec beaucoup de succès. Au moment du dessert, on découvrit le véritable but du dîner: un pari!


Bombant le torse, en montrant donc tout sa sûreté, il me dit qu’il était resté très fasciné par mon travail de conseil, et qu’il avait suspendu un petit peu son travail pour se dédier à plein temps à la CNV.

Il me dit qui, inaverti, il avait observé un couple assise à ma droite. Selon l’entrepreneur, le couple aurait laissé le restaurant divisés: chacun aurait pris son propre chemin. Il me demanda si j’avais accepté d’offrir un dîner s’il aurait eu raison. J’observai le couple pour moins d’un minute, et je notai les signes qui avaient poussé mon client à parler de cette manière-là. En effet, les deux ne se parlaient pas et ils appuyaient leur dos sur le dossier de la chaise de manière complète. Il était en train de jouer avec sa fourchette, pendant qu’elle jouait avec son verre à vin.



Je ne pouvais qu’accepter, et je choisis deux verres de la liqueur la plus chère du restaurant.

Ensuite, le couple paya, sortit et s’embrassa, en entrant dans une voiture!

Le chauffeur de l’entrepreneur, qui nous attendait dehors, nous raconta la scène en détail. L’entrepreneur s’écroula dans sa chaise, lui qui était toujours composé et élégant. Il demanda: “Comment?”

Je dis, en sirotant ma liqueur, qu’il n’avait pas remarqué que la nappe de la table ne couvrit pas les jambes du couple: elles étaient au contact, et en fait il était en train de faire du pied à elle. Ils n’avaient rien à dire, parce que en effet ils s’étaient déjà tout dit avec leurs jambes: les deux attendaient l’addition pour s’envoler et conclure. Lui qui jouait avec la fourchette et elle avec son flûte n’étaient pas des signes d’ennui mais de tension érotique.


L’entrepreneur F. comprit et se dépêcha à payer l’addition. On est resté amis. Je suis aussi retourné dans ce restaurant-là, et j’ai compris que j’aurais eu un autre élément pour gagner le pari. Mais il s’agit d’une autre anecdote...


Milan, 26 Novembre 2017

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Foro Buonaparte,22